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Volume Trois

 

Volume Un

100 Petites Histoires du Passé,

pour conserver notre langue et notre culture acadienne, volume 3

 

 

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Extrait du livre "100 Petites Histoires du Passé, pour conserver notre langue et notre culture acadienne, volume 3"

Ch. 7 - Le feu de 1820

 

Zabeth : J’chai pas si c’est vrai mais i’ disont que pour des noces, si tu veux point qu’i’ mouille le jour des noces bin la veille, tu pendrilles ton chap’let su’ la ligne à hardes. Pour le gros feu de 1820, j’cartchule qu’il’ ariont mis leu’ chap’let en tcheuques parts autres pour d’mander d’la p’uie. 1820, çâ c’est moêllement  louonne dans l’passé. On croirait pouonne que parsounne sa’rait rien qu’i’ s’a passé dans c’t’ânnée-là mais c’est point vrai. Le monde en parle encore, cent trente ans après.

 

Cazimir : Veux-tu dire le grand feu qu’avait quasiment toute brûlé Clare ?

 

Zabeth : Ouai, c’est huste çâ. Le grand feu qu’avait toute brûlé, du P’tit-Russeau aux Grosses-Coques. L’histoire nous a ‘té conté de bouche en bouche jusqu’à nous autres.

 

Cazimir : Le Pére Dagnaud et le Pére Sigogne aviont laissé d’l’informâtion itou dans des articles qu’il’ avont écrits su’ les Acadiens.

 

Zabeth : Bin sûr, en 1820, y avait point temps d’habitâtions qu’asteur. C’est supposé que dix-huit familles pardirent toute. Leu’ maison, leu’ grange, leu’ jardin, toute passit au feu. Toute était brûlé rac à tarre. Dix-huit maisons et vingt-trois granges. Tcheu désastre. Y a rinque trois maisons qu’échapirent au feu : c’teule-là à Frédéric Belliveau, c’teule-là à Anselme LeBlanc et ain autre dans l’ch’monne à Patrice Thibodeau.

 

Cazimir : I’ paraît que c’te hournée-là, le 12 de septembre 1820, i’ ventait ain vent à décorner les boeu’. Au coummencement, i’ pensiont pas qu’y avait du danger mais là, le vent changit d’bord pis ça brûlait enragé. C’était coumme ain ouragan. Le monde courait par la côte pour se sauver.

 

Zabeth : Y a ain Noir, ain infirme, qui voulait pas quitter sa cabane. Lui, i’ restait au ras l’église. Là, i’ dit yoùsqu’i’ voulait être mis. Ça fait qu’i’ l’changirent d’endroit, croyant qu’i’ s’rait hors de danger. Mais malheureusement, i’ parit dans l’feu.

 

Cazimir : S’lon l’Pére Sigogne, y a ain p’tit enfant qui pardit la vie dans son berceau itou. Çâ, c’était vraiment triste.

 

Zabeth : Frédéric Belliveau, lui, le monde l’app’lait Tikine. Bin lui, sa maison fut sauvée pis i’ disont qu’c’était ain mirâcle. Il’ aviont d’la foi, c’te monde-là.

 

Cazimir : Les flammes touchirent point à sa maison. Mais en partant, avec sa plusse jeune enfant dans les bras, il avait fait une croix su’ sa maison en disant : « À Dieu la maison, au feu le reste. »

 

Zabeth : C’était ain beau geste à farre pis il avait ‘té récompensé.

 

Cazimir : C’est drôle qu’y avait pas eu d’mirâcle pour sauver l’église et l’prebytare. Les deux bâtisses furent englouties dans les flammes coumme le restant.

 

Zabeth : C’t’église-là, ça faisait pas longtemps qu’alle avait ‘té bâtie, en 1806, j’crois. Les gens d’la Pointe aviont eu leu’ premiére messe dedans en 1808. Ça fait qu’alle était encore toute neuve, c’t’église-là.

 

Cazimir : Pauvre Pére Sigogne, il a’rait dû d’être découragé.  Menoumme, il avait tout pardu, ciboires, patènes, câlisses, toute. Pis à part de çâ, il avait manqué parir lui-même. Pour ain bout d’temps, i’ pouvait pas s’sarvir de sa main drouette. J’crois bin qu’il asséyait de sauver çâ qu’i’ pouvait pis i’ pensait pas trop à lui-même.

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